Quelques réflexions supplémentaires.

Pour définir les critères définissant un bon film, je pourrai partir du sketch des inconnus : « la différence entre un bon et un mauvais film c’est que le bon film à la fin le gentil gagne, le mauvais film à la fin…le gentil gagne…mais c’est un mauvais film quoi »

Ce qui définit un film est fortement sujet à débat. Le nombre de critiques qui disent une chose et son contraire pour chaque film est quasi-infini. MAIS, ce qui nous met sur le cul, repose toujours sur ces éléments-là  :

  1. Bottage de cul esthétique : maîtrise de la caméra, sens de la composition, des lumières, des couleurs…
  2. Bottage de cul psychologique : un film qui vous a appris par une ouverture à d’autres formes de pensées
  3. Bottage de cul spirituel : tous les films métaphysiques, humanistes, etc
  4. Bottage de cul dynamique : par sa qualité d’action : humour, cascades incroyables. C’est la satisfaction, la jouissance de la quête de puissance, de performance

Un film qui ne vous botte pas le cul n’est pas un grand film, seulement un film divertissant. Le genre de film qui par définition ne nous marque pas et qu’on aura oublié dans un ou deux ans.

Là où les avis divergent concernant les films c’est qu’à chacun la claque qu’il prendra (ou non) en voyant un film, selon si ça touche notre sensibilité ou non, notre vécu ou non.

Dog Pound (2010)

De : Kim Chapiron
Avec : Adam Butcher, Shane Kippel, Mateo Morales

Le pitch : 3 jeunes délinquants sont arrêtés et envoyé en centre de redressement. Ce qui leur arrive.

L’avis : « whaouh. »  C’est ce que je me suis dis après ce film.

Vous savez, ce qu’on exprime péniblement quand, encore estomaqué, on ne trouve rien d’autre à dire…Bref, Dog Pound (Fourrière, en british) est une sacré réussite. Je n’aime généralement pas ces films de prison, c’est toujours la même chose. Dog Pound se réapproprie le genre à sa manière : une touche de drame, d’espoir (un peu fou), une ambiance palpable, marquante

La réalisation est impeccable. Montage, cadrage, musique de choix.

Les acteurs sont phénoménaux. Rien à redire, d’ailleurs, je ne sais pas trop comment le dire.

 

9/10

Revue rapide de différents films, certains méritent une fiche, d’autre non !

  • Le prestige (christopher nolan) : un film de deux prestidigitateurs se livrant à une compétition sans fin…sympa mais manque de rythme et de profondeur
  • Be bad : une bonne comédie à l’humour décalé, un gars gentil qui se crée un double bad-boy pour retrouver sa copine de vacances
  • Burn after reading : une comédie excellente, qui tient autant de ses personnages délirants que de son scénario improbable
  • Centurion : rome en angleterre…film très efficace aux décors magnifiques, un gladiator de l’ombre
  • Green Zone : quand Matt Damon chasse les armes de destruction massives en Irak…bon sujet sur manipulation médiatique des conflits, mais il manque un truc
  • Karate kid : jackie chan et les chinois sont fantastique. Le gamin (Smith) joue comme une patate par contre…
  • Le mans : un putain de film de course, image et son au top. Scénario à oublier… :D
  • L’ennui : s’il est fidèle au livre on n’y retrouve pas assez l’essence captivante du livre, et l’actrice est la pire que j’ai jamais vue
  • Pandorum : un bon film de SF, entre Alien et Sunshine. Le reste de l’humanité sur un vaisseau-arche de noé va t’elle survivre ?
  • Les chroniques de narnia 3 : très joliement fait, mais c’est quoi l’histoire  ?
  • Red : Bruce Willis tueur de la CIA à la retraite, il cartonne bien encore dans cette action-comédie décalée
  • Repo men : concept intéressant : les organes artificiels existent mais coutent un bras. Jude Law est le créancier des organes ! mais ça redevient conventionnel après. bien filmé.
  • Street racer : fast and furious en moins kéké mais avec moins de moyens
  • Tekken : de la bonne baston pop-corn
  • The social network : un film prenant qui peut vous faire changer de vision sur le site facebook…
  • The tournament : un très bon film d’action ! des tueurs s’éliminent pour qu’il n’en reste qu’un…
  • Twilight 3 : scénario encore plus improbable, encore plus lent, et plus décevant. Pourtant on regarde !
  • Ultramarine : un animé de synthèse pas mal sur l’univers de Warhammer 40 000. Très sympa mais manque de moyen pour en faire un vrai film et en montre trop peu de cet univers si riche

Black Swan (2011)

De : Darren Aronofsky
Avec : Natalie Portman, Vincent Cassel, Mila Kunis

Attention : c’est l’avis après séance ciné, généralement moins objectif…

Le pitch : une danseuse de ballet rêve d’incarner la reine des cygnes du nouveau spectacle, mettant en scène deux cygnes, l’un blanc et innocent, l’autre noir et séducteur. Ses difficultés à jouer le cygne noir la tourmentent de plus en plus

L’avis :  ce qui était répété partout n’est pas un feu de paille, Black Swan est une réussite. C’est réellement un film tourné autour de Natalie Portman, qui se permet un dégradé, une palette de nuances entre la pureté et le cygne noir.

Le scénario tenant sur trois lignes, et avec peu de dialogues, le film aurait pu manquer de rythme. Et pourtant, même si je n’aime pas employer ces mots (de peur de passer pour un abruti sans nuance), la réalisation de Darren Affonoksky est réellement virtuose, sans parler du montage, proprement magistral, aligné à la perfection à une musique classique elle aussi quasi-parfaite. Bref on reste scotché et on attend.

Outre ces qualités purement esthétiques, Black Swan retrouve l’ambiance de Requiem for a dream du même réalisateur, voir même de Shutter Island. C’est là encore la perte de l’identité et la folie grandissante alors que le personnage se perd à la recherche d’une chimère intérieure. Bref, le film ne tient pas sur le scénario mais sur l’attente et sur le ressenti du protagoniste à mesure qu’il découvre peu à peu les abimes qui l’habitent : le cygne noir.

J’aurai bien envie d’en dire plus sur la transformation de l’actrice, son jeu, ses expériences, ce qu’en montre le réalisateur, mais vous le découvrirez en salle

8/10

De Robert Rodriguez

Avec : Danny Trejo, Michelle Rodriguez, jessica Alba, Robert de Niro, Steven Seagal

Le pitch : Trahi par d’anciens Fédéraux Mexicains, Machete n’est plus rien qu’un sans papier à la frontière. Mais un américain vient le voir pour lui redonner du boulot : c’est reparti !

L’avis : Ce qui n’était qu’une bande-annonce délirante est devenu, avec l’engouement des fans, un vrai film. Et l’essai est bel et bien transformé. A la manière de Planet Terror, l’image est sale, les effets spéciaux gore, les personnages assez délirants, et on rigole pendant tout le film. Enfin, profitez du casting impressionnant réuni ici…au delà de ça il ne faut pas s’attendre à un film sérieux, c’est plus un hymne à Machete, personnage déjà culte et roi en ses terres.

They fucked with the wrong mexican !



Il emballe comme il veut. Et il tue les méchants !

8/10

Une chose est sûre, tous les goûts sont dans la nature. Tous ne se valent pas vraiment (culture et maturité aidant à mieux y voir). Mais au delà de ça, sur quels critères peut on dire qu’un film est bon ? Voici les miens :

  • un film est bon, si à la fin il nous est impossible de parler, ou qu’il nous pousse à faire quelque chose qu’on ne ferait pas en temps normal
  • quand on peut le revoir avec autant de plaisir (mais pas forcément le même)
  • Coupez le son. L’image devient t’elle ridicule ? Le film prend ‘il des airs de feux de l’amour (ou équivalent français…ne croyons pas que ça a disparu) ?

Le point 1 permet de voir les films les plus marquants, perturbants, etc. le second les films humoristiques et plus légers, et le dernier à trancher quand on hésite

Ah et puis j’oubliais le plus évident : la tronche de l’affiche :D (une bouse US se repère très bien, l’affiche étant composée sans aucun souci esthétique)

Et bientôt d’autres critiques de films indispensables sur FilmAware.

La nuit nous appartient (2007)

De : James Gray

Avec : Joaquin Phoenix, Mark Wahlberg, Eva Mendes

Le pitch : Bobby poursuit son ascension dans le milieu de la nuit, loin de son frère et de son pères, policiers aux stups. Mais la police cherche à faire tomber les trafficants qui entourent Bobby. Il devra choisir son camp.

L’avis : james Gray est décidément un Grand cinéaste, comme il l’avait déjà prouvé avec The Yards. Ici, il conserve les thématiques qui lui sont chères : les conflits familiaux, la loyauté, la trahison et de manière générale les troubles relationnels. Déjà vu ? Sûrement. Mais combien de réalisateurs savent encore vous clouer au fauteuil, la peur au ventre, jouant sur l’alternance des scènes rythmées et d’ambiances, et dirigeant des acteurs aussi bien ? Et ceici jusqu’à la fin, n’espérez même pas un happy-end, car « la fin lui appartient », et c’est tant mieux, Shakespeare est aux commandes : nous sommes en pleine tragédie grecque.

On retiendra Et comme d’habitude, la musique est une dimension à part entière dans ce film. C’est d’ailleurs souvent une caractéristiques des plus grands films (ici, musique de Wojciech Kilar, à qui on doit déjà Dracula, La Neuvième Porte, etc.

La note : 9/10

Et puis…rien que pour Eva Mendès

Inception (2010)

De : Christopher Nolan

Avec : Leonardo DiCaprio, Ellen Page, Cillian Murphy

Le pitch : Dom Cobb est un traqueur de rêve. Il s’insinue dans l’esprit des gens pour en dérober les secrets les mieux enfouis.

L’avis : C’est simple, Inception est une boucherie au grand écran. S’il n’est pas le film parfait, il donne un « presque » goût de philosophie post-réalitique aux pauvres petits spectateurs terrés dans leurs fauteuils de velour rouge.

Outre des scènes aux effets spéciaux magistraux (les combats dans le couloirs, les villes fantomes, etc.), Inception se caractérise par une image très propre, associée à un style gentlemen old-school cher à Nolan. Le tout est mis en valeur, modernisé par une réalisation plus que dynamique, calée au millimètre, qui ne laisse pas le temps de souffler. Ce, pendant plus de 2h. (quand on revoit le film certaines scènes deviennent chiantes quand même)

Le scénario retrouve les plus purs canons de la SF, est à mi-chemin entre Matrix (pour la réalité crée, à volonté) et Shutter Island* (la perte de réalité). Bien que vertigineux, le scénario ne perd pas pour autant ses spectateurs. Les mains cramponnées aux accoudoirs, leurs yeux grands ouverts tentent tant bien que mal de percer à jour le film avant l’heure.

Quelques écueils cinématographiques que Nolan n’arrive toujours pas à éviter (et que la critique publique ne voit pas assez) : des scènes romantiques un peu trop mièvre ; et des plans trop artificiels, dès que ça part dans les orangés, ses couleurs préférées (Batman Begins)

*D’ailleurs, un mot pour DiCaprio qui réalise un beau doublé cinématographique. S’il assume correctement son rôle, ce sont plus les seconds rôles qui se taillent la part du lion (Joseph Gordon-Levitt, Tom Hardy). Le doublage français n’est pas terrible (Ken Watanabe, DiCaprio sont à oublier), heureusement cela concerne surtout les premières minutes du film.

8/10

La discrète (1990)

De Christian Vincent

Avec Fabrice Luchini et Judith Henry

Le pitch : Antoine, un jeune écrivain, est chargé par son éditeur de séduire une jeune femme. La séduire pour ensuite l’abandonner, et tirer de celà de quoi écrire un nouveau récit.

L’avis : un film intelligent, qui oppose deux personnages radicalement différents. L’un, très masculin malgré ses manières : séducteur et très analytique, malgré sa verve littéraire. L’autre, féminin : discrète, mais pas effacée, douce, poétique et pourtant crue. L’un pensait tromper l’autre. Ce qui devait être une banale affaire transforme notre héros en être humain sensible, même s’il ne veut pas l’admettre. Le scénario, simplement articulé autour d’une idée démoniaque, se retourne délicatement pour nous offrir un tout autre regard sur l’amour et la séduction. Luchini est toujours incroyable, avec le pétillant et l’arrogance de sa jeunesse d’alors. Judith Henry est troublante dans son rôle de fausse petite-fille.

Et pour ne rien gâcher, une bande musicale à vous réconcilier avec le classique.

La note : 9/10

Shutter Island (2010)

Attention : ne pas lire la critique avant de voir le film…ça vous gacherait peut être le plaisir de la découverte.

De Martin Scorcese, avec Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley, Emily Mortimer

Le pitch : Le Marshall Teddy Daniels est envoyé à l’asile psychiatrique de Shutter Island, ou sont isolés des patients soignés selon des méthodes alternatives, pour enquêter sur la disparition d’une femme.

L’avis : Shutter Island est de ces films à double tranchant, la première partie du film posant les bases d’un scénario solide, entre polard et thriller. La seconde partie ne fait que détruire la première, recréant une nouvelle réalité, renversant l’originelle, perdant le spectateur à la recherche de repères. Les doubles lectures sont multiples dans un scénario qui foisonne de détails et d’interprétations possibles.

Ajoutez à cela un rythme et une puissance aussi bien visuelle que sonore rarement vue chez Scorcese (qui préférait le solennel ou la violence brute), une direction d’acteurs correcte, une revisite des traumatismes de guerre, ce film a tout pour vous secouer. Sans être novateur en terme de cinéma, Scorcese se contente de reprendre avec maestria des codes déjà bien connus du public, distillant peur, dégout, ou impatience. Que le scénario nous plaise ou nom au final, là n’est pas la question ; Shutter Island vous a t’il surpris ?