Category: FILMS HAUTE QUALITE

De : James Gray

Avec : Joaquin Phoenix, Mark Wahlberg, Eva Mendes

Le pitch : Bobby poursuit son ascension dans le milieu de la nuit, loin de son frère et de son pères, policiers aux stups. Mais la police cherche à faire tomber les trafficants qui entourent Bobby. Il devra choisir son camp.

L’avis : james Gray est décidément un Grand cinéaste, comme il l’avait déjà prouvé avec The Yards. Ici, il conserve les thématiques qui lui sont chères : les conflits familiaux, la loyauté, la trahison et de manière générale les troubles relationnels. Déjà vu ? Sûrement. Mais combien de réalisateurs savent encore vous clouer au fauteuil, la peur au ventre, jouant sur l’alternance des scènes rythmées et d’ambiances, et dirigeant des acteurs aussi bien ? Et ceici jusqu’à la fin, n’espérez même pas un happy-end, car « la fin lui appartient », et c’est tant mieux, Shakespeare est aux commandes : nous sommes en pleine tragédie grecque.

On retiendra Et comme d’habitude, la musique est une dimension à part entière dans ce film. C’est d’ailleurs souvent une caractéristiques des plus grands films (ici, musique de Wojciech Kilar, à qui on doit déjà Dracula, La Neuvième Porte, etc.

La note : 9/10

Et puis…rien que pour Eva Mendès

Inception (2010)

De : Christopher Nolan

Avec : Leonardo DiCaprio, Ellen Page, Cillian Murphy

Le pitch : Dom Cobb est un traqueur de rêve. Il s’insinue dans l’esprit des gens pour en dérober les secrets les mieux enfouis.

L’avis : C’est simple, Inception est une boucherie. S’il n’est pas le film absolument-parfait-philosophique-tout-ça oh oui, il claque fort les pauvres petits spectateurs terrés dans leurs fauteuils de velour rouge.

Outre des scènes aux effets spéciaux magistraux (les combats dans le couloirs, les villes fantomes, etc.), Inception se caractérise par une image très propre, associée à un style gentlemen old-school cher à Nolan. Le tout est mis en valeur, modernisé par une réalisation plus que dynamique, calée au millimètre, qui ne laisse pas le temps de souffler. Ce, pendant plus de 2h.

Le scénario retrouvant les plus purs canons de la SF moderne (détournement psychologiques et de la réalité) que sont Matrix, le récent Shutter Island et autres, retrouve les plus purs canons de la SF, est à mi-chemin entre Matrix (pour la réalité crée, à volonté) et Shutter Island* (la perte de réalité). Bien que vertigineux, le scénario ne perd pas pour autant ses spectateurs. Les mains cramponnées aux accoudoirs, leurs yeux grands ouverts tentent tant bien que mal de percer à jour le film avant l’heure.

*D’ailleurs, un mot pour DiCaprio qui réalise un beau doublé cinématographique. S’il assume correctement son rôle, ce sont plus les seconds rôles qui se taillent la part du lion (Joseph Gordon-Levitt, Tom Hardy). Le doublage français n’est pas terrible (Ken Watanabe, DiCaprio sont à oublier), heureusement cela concerne surtout les premières minutes du film.

La discrète (1990)

De Christian Vincent

Avec Fabrice Luchini et Judith Henry

Le pitch : Antoine, un jeune écrivain, est chargé par son éditeur de séduire une jeune femme. La séduire pour ensuite l’abandonner, et tirer de celà de quoi écrire un nouveau récit.

L’avis : un film intelligent, qui oppose deux personnages radicalement différents. L’un, très masculin malgré ses manières : séducteur et très analytique, malgré sa verve littéraire. L’autre, féminin : discrète, mais pas effacée, douce, poétique et pourtant crue. L’un pensait tromper l’autre. Ce qui devait être une banale affaire transforme notre héros en être humain sensible, même s’il ne veut pas l’admettre. Le scénario, simplement articulé autour d’une idée démoniaque, se retourne délicatement pour nous offrir un tout autre regard sur l’amour et la séduction. Luchini est toujours incroyable, avec le pétillant et l’arrogance de sa jeunesse d’alors. Judith Henry est troublante dans son rôle de fausse petite-fille.

Et pour ne rien gâcher, une bande musicale à vous réconcilier avec le classique.

La note : 9/10

Shutter Island (2010)

Attention : ne pas lire la critique avant de voir le film…ça vous gacherait peut être le plaisir de la découverte.

De Martin Scorcese, avec Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley, Emily Mortimer

Le pitch : Le Marshall Teddy Daniels est envoyé à l’asile psychiatrique de Shutter Island, ou sont isolés des patients soignés selon des méthodes alternatives, pour enquêter sur la disparition d’une femme.

L’avis : Shutter Island est de ces films à double tranchant, la première partie du film posant les bases d’un scénario solide, entre polard et thriller. La seconde partie ne fait que détruire la première, recréant une nouvelle réalité, renversant l’originelle, perdant le spectateur à la recherche de repères. Les doubles lectures sont multiples dans un scénario qui foisonne de détails et d’interprétations possibles.

Ajoutez à cela un rythme et une puissance aussi bien visuelle que sonore rarement vue chez Scorcese (qui préférait le solennel ou la violence brute), une direction d’acteurs correcte, une revisite des traumatismes de guerre, ce film a tout pour vous secouer. Sans être novateur en terme de cinéma, Scorcese se contente de reprendre avec maestria des codes déjà bien connus du public, distillant peur, dégout, ou impatience. Que le scénario nous plaise ou nom au final, là n’est pas la question ; Shutter Island vous a t’il surpris ?

Sherlock Holmes

L’équipe : réalisé par Guy Ritchie avec Robert Downey Jr, Jude Law, Rachel McAdams.

L’histoire : Lord Blackwood est un criminel qui prétend manipuler la magie noire. Alors qu’il accompli un rite supposé aboutir à la mort d’une femme, étant sa cinquième victime, il est interrompu pour le célèbre détective Sherlock Holmes et son fidèle comparse le Dr. Watson, et arrêté par le commissaire Lestrade. Trois mois plus tard il est condamné à mort et pendu. Cependant il semblerait qu’il soit revenu d’entre les morts afin d’accomplir le but qu’il s’était fixé.

L’avis : Le réalisateur redonne vie au personnage original de Sir Arthur Conan Doyle. Loin du personnage auquel nous ont habitués les précédents films. Sherlock Holmes ne porte plus son célèbre béret et ne lance plus à tout bout de champs « Élémentaire mon cher Watson », ces deux points étant totalement absent des romans originaux. Cette fois, Holmes se salit les mains. Combats à mains nues, courses poursuites, tout est bon pour résoudre l’énigme. Robert Downey Jr. et Jude Law incarnent leurs rôles respectif à la perfection. Seul le dénouement final lèvera le voile sur l’intrigue, où Sherlock élucide tous les mystères. (c’est quand même pas n’importe qui notre petit détective).

On pouvait avoir peur, à cause des précédentes réalisations, d’avoir une fois de plus une intrigue qui avance à deux à l’heure, un personnage lent à en prendre la poussière et des pseudo-mystères , et c’est finalement une véritable surprise de voir que le personnage à prit un coup de jeune et se rapproche de l’histoire d’origine. (dans les romans Sherlock Holmes pratique la boxe et un art martial japonais, loin de l’image qu’on lui donne classiquement).

Match Point (2005)

De Woody Allen, avec Jonathan Rhys-Meyers, Scarlett Johanson, Emily Mortimer

Le pitch : Chris, un jeune prof de Tennis d’origine modeste trouve sa voie de sortie auprès d’une famille très riche dont il épouse la fille. Mais il ne pense qu’à la fiancée de son beau frère

L’avis : Woody Allen adore mettre ses personnages face à leurs difficultés notamment sur le plan sexuel/relationnel (on peut même dire qu’il ne pense qu’à ça !) : et bien c’est réussi, d’autant plus qu’il ne joue pas dedans. On obtient un film dense, long, qui a révélé au plus haut niveau Jonathan Rhys-Meyers.

Un scénario simplicimement dément, une montée en puissance, des seconds acteurs impeccables, des décors magnifiques au sein des beaux quartiers de Londres…Match Point est un savoureux mélange, dont on appréciera jusqu’à son amoralité dans notre monde aseptisé à la mentalité toute tracée (même si on ne soutiendras pas les gestes du personnage)

Les beaux gosses (2009)

De Riad Sattouf, avec Vincent Lacoste, Anthony Sonigo, Alice Tremolières

Le pitch : deux ados un peu marginaux et leurs poussée d’hormone au lycée devant ces jeunes filles

L’avis : un film que vous devez voir. Pourquoi ?

- un bon reflet de la vie d’ado (sans en rajouter)
- sans le ridicule des acteurs de l’esquive
- des répliques et scènes beaucoup plus drôles, de l’inventivité
- un scénario qui rebondit et surprend
- un contrepied aux films habituels trop bien pensants
- une musique qui tue

inglorious basterdsDe Quentin Tarantino, avec Brad Pitt, Christoph Waltz, Diane Kruger, Mélanie Laurent

Le pitch : 2nde guerre mondiale. Une escouade de choc est envoyée derrière les lignes allemandes pour y tuer un maximum de nazis.

L’avis :

Extrait :

- Il nous faut trois personnes pour parler Italien. Moi je je suis celui qui le parles le mieux. Ensuite il y a Danny, il fera le cameraman. Et omar c’est le 3ème meilleur, il fera l’assistant de danny !
- mais je cause pas italien !
- ouais c’est ce que je dis, t’es le troisième meilleur ! Il suffit que tu fermes ta gueule. Je serai toi je commencerai tout de suite.

C’est avec ce genre de dialogues, si propres à Tarantino, que ce film se savoure. Et quand chaque personnage est travaillé comme jamais, ça nous donne ce « magnifique » capitaine SS, une Diane Kruger plus vraie qu’actrice. Brad Pitt force un peu son numéro de cirque mais ça reste mangeable, tandis que Mélanie Laurent reste…Mélanie Laurent, et passe à côté de son métier d’actrice. C’est aussi dans les seconds rôles qu’il faut chercher les beaux rôles où il n’y a rien à reprocher au jeu des acteurs ; Tarantino s’est même amusé à « soigner » les personnages d’Hitler et de Goebbels par des mimiques récurrentes.

Le scénario qui semble basique est sauvé par le dynamisme narratif (ça fait pompeux comme phrase hmm ?). Et contrairement à n’importe quel Blockbuster, il n’y a aucune pitié pour les héros, ceux qui doivent mourir vont… mourir, et puis c’est tout ! C’est donc un film à mi-chemin entre le grandiloquent de Pulp Fiction et la boucherie gratuite de Kill Bill.

A tous points de vue un film pop-corn excellent. Attention à ne pas mélanger réalité et cinéma parce qu’il mêle allègrement violence, humour et discussions philosophique. De là à envisager la violence avec humour il n’y a qu’un pas qu’on ne franchira pas !

- Sergent Hugo Stiglitz ? Lieutenant Aldo Raine. Eux c’est les bâtards. On voulait vous dire qu’on est tous très fan de votre boulot. Comme liquidateur de nazis.
- rhhhha (un nazi agonise)
- PAMM (plus de nazi qui agonise)
- je trouve que vous avez beaucoup de talents. Je me flatte d’avoir beaucoup de flair pour ce genre de talents.

la_neuvieme_porteDe Roman Polanski, avec Johnny Depp, Emmanuelle Seignier, Franck Langella

Le pitch : Dean Corso est spécialisé dans l’achat et la vente de livres extrêmement rares. Quand on lui demande de retrouver les deux seuls autres exemplaires du Livre des Neuf Portes, permettant d’invoquer le Diable, c’est là que les choses s’emmeèlent…

L’avis : un film qui ne peut pas laisser indifférent. Le style de Polanski derrière la caméra est sobre, ce qui a pour effet soit d’ennuyer soit de révéler le jeu des acteurs, comme c’est le cas ici. L’ambiance crée est tout simplement excellente, par les décors (d’anciennes demeures, des parcs, de vieilles librairies), les dialogues, et l’univers occulte. Celui-ci est traité de manière sérieuse (même si Polanski s’en défend). Le scénario est totalement prenant, comme Corso, nous sommes obligés d’avancer, nous désirons savoir ce qu’il adviendra. Et puis, la musique, assez fabuleuse.

L.A. Confidential

la-confidential-1997-posterLe pitch : une enquête et les troubles de Los Angeles vont mener deux inspecteurs, aux personnalités totalement opposées, à buter sur des call-girl de luxe, sur des mafieux, des pourris, des indics, des coups montés…

L’avis : un film incroyablement intéressant. Nouvelles pistes et personnages émergent sans cesse, chacun ayant son rôle, si bien qu’au bout d’1h30 on ne sait toujours pas où nous mène précisément le scénario ! Bref,un suspense mené avec brio, tout en restant limpide, contrairement à pas mal de polards jouant la carte du scénario (trop) complexe. Et puis, les acteurs en veulent. Indispensable

PS : Multi-oscarisé.