Category: Films extrêmes

De Eric Rohmer, avec Fabrice Luchini, Arielle Dombasles, André Dussolier, et d’autres

Le pitch : Perceval, éduqué dans l’ignorance, découvre malgré tout la vie des Chevaliers. Il rejoint Arthur et part en quète du Graal

L’avis : L’oeuvre de Chrétien de Troyes revisitée en vers octosyllabes. Voir un film récité en vers n’est pas de tout repos, il faudra s’accrocher malgré les petites baisses de rythmes et une fin un peu étrangement traitée. Heureusement, l’accompagnement musical est des plus agréable, même si les chants font un peu amateur par moments !

Côté visuel, je l’ai trouvé enchanteur, avec ses décors carton-pâte simplistes mais aux couleurs chatoyantes. L’idée est bonne d’autant plus qu’on regarde davantage le personnage que les frises sur le mur…résultat Perceval ressemble plus à une pièce de théatre qu’à un film. Heureusement que les acteurs principaux font des merveilles, même si d’autres ont du mal à déclamer leur texte sans avoir l’air rigides/absents.

Comme sur filmaware on pense à  vous, je vous ai trouvé quelques bonnes idées DVD pour ce Noël. C’est un peu tard, mais il y a toujours de nouveaux rabais passé noel : il faut écouler les stocks, alors ne dépensez jamais tout votre budget avant le 25 :)

Voici la liste de noel (vraiment pas exhaustive ^^) :

Attention : avec les coffrets de la Fnac, ils rassemblent souvent 3 films d’un réalisateur/acteur célèbre. Mais souvent vous avez 2 films sortis du placard dans le coffret. Dans ce cas, n’achetez le coffret que si vous êtes fan de l’acteur/réalisateur

Et sur le site de la fnac, il y a de très bonnes affaires pour peu qu’on commande en ligne :

  • pulp fiction
  • ghost dog
  • les joueurs
  • apocalypto
  • la chute du faucon noir
  • les invasions barbare
  • conan le barbare
  • et oui je suis très barbare ce soir

Là encore ne prenez pas n’importe quoi parce que c’est à 5 euro !

Sinon bien sûr le mieux reste cdiscount, mais ils ont un choix plus limité du fait qu’ils achètent quelques titres en masse pour les écouler à faible prix. Et leur site est un peu pourri pour s’y retrouver entre les 15 sous-menus qui se ressemblent tous : »pas cher, moins de 5 euro, moins de 4 euro ». Et faites gaffe ils ont souvent le même film en plusieurs version (DVD normal, collector, travel book, coffret) à des tarifs complètement différents pour la même chose. Ex : le silence des agneaux à 10 euro seul, et à 10 euro dans un coffret avec 2 autres films…

Je reste un peu réservé pour cdiscount car ils se sont pas forcés pour ce noël, beaucoup moins de choix et des tarifs plus haut qu’à l’habitude. Attendez l’après-noel pour voir :)

Sur ce, bon noel ! Bons achats, et au final : bons moments cinéma.

De gaspard Noé, avec

Monica Belluci, Vincent Cassel, Albert Dupontel

Résumé (attention, spoiler) : Une jeune femme se fait violer dans un passage souterrain. Son compagnon et un ami traquent alors le violeur, pour faire justice eux-même.

Attention : film choc; Ici, pas de Bisounours. Pour apprécier ce film, il faudra en accepter sa violence.

Avis court : un film choc, qui veut être violent avec le spectateur. Il faudra accepter ce mal pour voir vraiment le film. Des acteurs magnifiques, des thèmes parfaitement développés, une image excellente, une musique dérangeante…un film dense dont vous ne ressortirez pas entier…comme une épreuve à traverser, ce film est à ware.

Avis développé : Irréversible est un film dur, marquant, dérangeant, coup de poing, extrêmement violent, déversant coups, sang, bile, haine, rage, transe dès les 1ères minutes ; suscitant l’horreur, la révulsion… la fascination, d’autant plus que l’image est soignée, esthétique, la direction d’acteurs impressionnante de justesse, ce qui accentue le malaise du spectateur voyeur.  Mais le tout est si prenant que malgré tout l’on désire ardemment voir la suite, savoir ce qui a pu créer ce chaos.

La presse bien sûr aura beaucoup insisté sur les scènes esthético-violentes, en débattant de l’intérêt d’une telle violence pour faire passer un message, ou sur le fait que Gaspard Noé soit un pervers mateur ravi de se délecter à si bon compte… Trop facile de réduire cette œuvre à ce seul aspect, ce n’est qu’une porte d’entrée, facile aussi, mais efficace, les J.T., jeux vidéo, films d’horreur et autres Saw font de même ou pire pour moins de bruit.

C’est un film inusuel pour deux raisons : il est filmé au début de manière hallucinée, la caméra bougeant sans cesse, à l’endroit comme à l’envers (au point d’en donner le tournis), et parce que toute l’histoire se fait à reculons : le film commence par sa fin, puis remonte la trame et le temps, certes ce n’est pas une grande première, mais c’est en soi un élément clef du film.

Donc, au-delà de sa force brute, qu’apporte ce film ? c’est le retour en arrière qui permet de dévider la pelote et la pensée de Gaspard Noé ; le choix du montage inversé est habile et « manipulateur »: au début, on est dégoûté par l’agression en une violence qui semble gratuite, on leur en veut, à Cassel et Dupontel ; puis, après la scène du tunnel, on « comprend, compatit et pardonne » le désespoir des 2 copains ; puis le Avant, le bonheur, le vent, la sieste, on se dit qu’ils méritaient vraiment pas ça : « le violeur peut crever ».

Profusion de thèmes de réflexion : violence subie et/ou donnée ; attitude indifférente, passive ou voyeuse des autres (du spectateur aussi) ; plaisir ambigu à mater la violence ; pas ou peu d’aide officielle, devoir alors se débrouiller seul, prendre sur soi, ne pas trop pleurnicher.

« Le temps détruit tout », phrase simpliste qui entame le film, nous dit que tel un effet boule de neige-domino, il suffit d’une pichenette pour effondrer le joli château de conte de fée du début ; que tout moment tendre peut être haché menu par n’importe quel évènement horrible. « Tout est impermanent », après le beau temps, vient la tempête (mais ça ne doit pas être le propos principal du film). D’ailleurs Noé indique clairement dans les dernières scènes que le malheur est inéluctable, comme l’annonçaient le rêve d’Alex (le tunnel rouge) et la sensation de mal de bras de Marcus.

Mais si ce n’est pas le temps qui détruit tout : ce sont les hommes. Tantôt bienveillants, bientôt méconnaissables de destruction, en proie à leur soif de vengeance. Tout commence avec le Ténia, mais même les meilleurs (Albert Dupontel) cèdent à la rage et frappent l’ennemi jusqu’à sa destruction. Et pourtant toute la seconde partie du film le montre en train de clamer sa non-bestialité, reprochant à Marcus d’être le Singe, la bête. Mais c’est lui qui tue. Autre chose : la toute première scène du film montre deux prisonniers, ils sont stupides, incapables de s’assumer et de freiner leurs ardeurs. Pourquoi cette scène ? Quel intérêt dans ce film ? C’est pourtant évident, parce qu’ils sont ce que presque n’importe quel individu peut devenir : des coupables, des gens qui ont « dérapés ».

Ce film est malin, on peut le lire de diverses façons, comme une enquête policière (le crime : pourquoi, comment) ou ethnologique (pourquoi ces comportements), à l’envers ou à l’endroit ; par exemple, si on le regardait cette fois à l’endroit, en commençant par le vrai début : tout moment tranquille porte en germe une explosion potentielle voire avérée (« méfiez vous de l’eau qui dort ») ; finalement le gentil n’est pas que gentil et peut être ou devenir lui aussi porteur de mal ; alors, s’il en bave plus tard, ce n’est que justice.

Et cette même dernière scène (celle du bonheur tranquille) peut aussi se lire comme la fin de l’histoire, donc un happy-end après tant d’épreuves… Alors, dans quel sens voir ce film ? Descente en enfer, ou retour au bonheur ? Double regard, sur une même situation, à l’image de nous mêmes, doubles, multiples, masqués, tantôt Dark Vador, tantôt Luke ? Quelle solution, que faire à la suite de l’agression subie ? zen attitude ou demolition man ? Quel est le mieux pour ne pas devenir fou ? Pour prouver son soutien ? Pour tenter de réparer ?

Et que reste t’il de l’amour ensuite, après le 2e carnage ? peut on revivre « comme avant » ?
Et s’il n’avait rien fait… tout aurait-il été été mieux pour autant ?
un film qui a mis beaucoup de gens mal à l’aise, peut-être parce qu’en cas d’attaque, on sait qu’on devrait se comporter « dignement » (c’est à dire en Gandhi, Jésus, Mère Thérésa, etc.) alors qu’on n’a qu’une envie : décapiter le méchant. Beaucoup de questions, peu de réponses ; reflet d’une société violente -multi formes, qui ne sait y répondre non plus.

Que Gaspard Noé ait raison ou pas, c’est bien la réaction du public qui prouve que ce film est un succès : susciter en nous le dégout, la réflexion, et plus simplement : une vive réaction.

Note : 8/10