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De : James Gray

Avec : Joaquin Phoenix, Mark Wahlberg, Eva Mendes

Le pitch : Bobby poursuit son ascension dans le milieu de la nuit, loin de son frère et de son pères, policiers aux stups. Mais la police cherche à faire tomber les trafficants qui entourent Bobby. Il devra choisir son camp.

L’avis : james Gray est décidément un Grand cinéaste, comme il l’avait déjà prouvé avec The Yards. Ici, il conserve les thématiques qui lui sont chères : les conflits familiaux, la loyauté, la trahison et de manière générale les troubles relationnels. Déjà vu ? Sûrement. Mais combien de réalisateurs savent encore vous clouer au fauteuil, la peur au ventre, jouant sur l’alternance des scènes rythmées et d’ambiances, et dirigeant des acteurs aussi bien ? Et ceici jusqu’à la fin, n’espérez même pas un happy-end, car « la fin lui appartient », et c’est tant mieux, Shakespeare est aux commandes : nous sommes en pleine tragédie grecque.

On retiendra Et comme d’habitude, la musique est une dimension à part entière dans ce film. C’est d’ailleurs souvent une caractéristiques des plus grands films (ici, musique de Wojciech Kilar, à qui on doit déjà Dracula, La Neuvième Porte, etc.

La note : 9/10

Et puis…rien que pour Eva Mendès

Shutter Island (2010)

Attention : ne pas lire la critique avant de voir le film…ça vous gacherait peut être le plaisir de la découverte.

De Martin Scorcese, avec Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley, Emily Mortimer

Le pitch : Le Marshall Teddy Daniels est envoyé à l’asile psychiatrique de Shutter Island, ou sont isolés des patients soignés selon des méthodes alternatives, pour enquêter sur la disparition d’une femme.

L’avis : Shutter Island est de ces films à double tranchant, la première partie du film posant les bases d’un scénario solide, entre polard et thriller. La seconde partie ne fait que détruire la première, recréant une nouvelle réalité, renversant l’originelle, perdant le spectateur à la recherche de repères. Les doubles lectures sont multiples dans un scénario qui foisonne de détails et d’interprétations possibles.

Ajoutez à cela un rythme et une puissance aussi bien visuelle que sonore rarement vue chez Scorcese (qui préférait le solennel ou la violence brute), une direction d’acteurs correcte, une revisite des traumatismes de guerre, ce film a tout pour vous secouer. Sans être novateur en terme de cinéma, Scorcese se contente de reprendre avec maestria des codes déjà bien connus du public, distillant peur, dégout, ou impatience. Que le scénario nous plaise ou nom au final, là n’est pas la question ; Shutter Island vous a t’il surpris ?

Match Point (2005)

De Woody Allen, avec Jonathan Rhys-Meyers, Scarlett Johanson, Emily Mortimer

Le pitch : Chris, un jeune prof de Tennis d’origine modeste trouve sa voie de sortie auprès d’une famille très riche dont il épouse la fille. Mais il ne pense qu’à la fiancée de son beau frère

L’avis : Woody Allen adore mettre ses personnages face à leurs difficultés notamment sur le plan sexuel/relationnel (on peut même dire qu’il ne pense qu’à ça !) : et bien c’est réussi, d’autant plus qu’il ne joue pas dedans. On obtient un film dense, long, qui a révélé au plus haut niveau Jonathan Rhys-Meyers.

Un scénario simplicimement dément, une montée en puissance, des seconds acteurs impeccables, des décors magnifiques au sein des beaux quartiers de Londres…Match Point est un savoureux mélange, dont on appréciera jusqu’à son amoralité dans notre monde aseptisé à la mentalité toute tracée (même si on ne soutiendras pas les gestes du personnage)

99 Francs

De Jean Kounen
Avec Jean Dujardin

le Pitch : Phrase introductrice du film : « L’homme est un produit comme les autres, avec une date limite de vente. Je suis publicitaire. Je suis de ceux qui vous font rêver des choses que vous n’aurez jamais. Ciel toujours bleu, nanas jamais moches, bonheur parfait retouché sur Photoshop. Vous croyez que j’embellis le monde ? Perdu. Je le bousille. Tout est provisoire. »

L’avis FilmAware : 99 m’a surpris là où je ne l’attendais pas ! En fait, il s’agit d’une sorte de mix entre le côté révolutionnaire de Fight Club, la sublimation d’un retour à la terre et la désillution de nos rêves que l’on trouve dans La Plage, et les grands moments de défonce sous acides de Las Vegas Parano. Jean Dujardin est excellent, et surtout apporte cette ambiance détendue qui dédramatise le sujet du film. Et heureusement, car Jan Kounen jongle entre le drame et la comédie, le sujet du film étant très sombre à la base.

Sommes nous envahis par la publicité ? C’est ce qu’on nous démontre, en retournant ce média contre lui même : 99F est vraimen bien filmé, ponctués de scènes filmées comme des clip de mode, musiques, slogans, on a le droit à la totale pour chambouler notre esprit. La publicité qui utilise les sétéotypes pour passer dans notre subconscient, la publicité qui utilise l’art pour faire aimer un produit, car c’est la plate réalité économique : il faut écouler ce stock de 12 000 tonnes de yaourt. Ainsi la publicité n’est qu’un moyen au profit de l’art ou du commerce : lors du finale, c’est le détournement de la publicité qui permet de triompher de l’ogre économique…

Finalement, 99 Francs a l’effet d’une piqure de rappel bien pensée, au cas où on se serait tout doucettement mis à ronronner au fil des années canapé. Jusqu’où vont nos responsabilités dans nos vies si bien menées ? (bon et sur cette magnifique question je m’en retourne manger des chips :p)

Le mec le plus drôle du film : « Président, vous avez reçu mon mail de confirmation ? » :D

De gaspard Noé, avec

Monica Belluci, Vincent Cassel, Albert Dupontel

Résumé (attention, spoiler) : Une jeune femme se fait violer dans un passage souterrain. Son compagnon et un ami traquent alors le violeur, pour faire justice eux-même.

Attention : film choc; Ici, pas de Bisounours. Pour apprécier ce film, il faudra en accepter sa violence.

Avis court : un film choc, qui veut être violent avec le spectateur. Il faudra accepter ce mal pour voir vraiment le film. Des acteurs magnifiques, des thèmes parfaitement développés, une image excellente, une musique dérangeante…un film dense dont vous ne ressortirez pas entier…comme une épreuve à traverser, ce film est à ware.

Avis développé : Irréversible est un film dur, marquant, dérangeant, coup de poing, extrêmement violent, déversant coups, sang, bile, haine, rage, transe dès les 1ères minutes ; suscitant l’horreur, la révulsion… la fascination, d’autant plus que l’image est soignée, esthétique, la direction d’acteurs impressionnante de justesse, ce qui accentue le malaise du spectateur voyeur.  Mais le tout est si prenant que malgré tout l’on désire ardemment voir la suite, savoir ce qui a pu créer ce chaos.

La presse bien sûr aura beaucoup insisté sur les scènes esthético-violentes, en débattant de l’intérêt d’une telle violence pour faire passer un message, ou sur le fait que Gaspard Noé soit un pervers mateur ravi de se délecter à si bon compte… Trop facile de réduire cette œuvre à ce seul aspect, ce n’est qu’une porte d’entrée, facile aussi, mais efficace, les J.T., jeux vidéo, films d’horreur et autres Saw font de même ou pire pour moins de bruit.

C’est un film inusuel pour deux raisons : il est filmé au début de manière hallucinée, la caméra bougeant sans cesse, à l’endroit comme à l’envers (au point d’en donner le tournis), et parce que toute l’histoire se fait à reculons : le film commence par sa fin, puis remonte la trame et le temps, certes ce n’est pas une grande première, mais c’est en soi un élément clef du film.

Donc, au-delà de sa force brute, qu’apporte ce film ? c’est le retour en arrière qui permet de dévider la pelote et la pensée de Gaspard Noé ; le choix du montage inversé est habile et « manipulateur »: au début, on est dégoûté par l’agression en une violence qui semble gratuite, on leur en veut, à Cassel et Dupontel ; puis, après la scène du tunnel, on « comprend, compatit et pardonne » le désespoir des 2 copains ; puis le Avant, le bonheur, le vent, la sieste, on se dit qu’ils méritaient vraiment pas ça : « le violeur peut crever ».

Profusion de thèmes de réflexion : violence subie et/ou donnée ; attitude indifférente, passive ou voyeuse des autres (du spectateur aussi) ; plaisir ambigu à mater la violence ; pas ou peu d’aide officielle, devoir alors se débrouiller seul, prendre sur soi, ne pas trop pleurnicher.

« Le temps détruit tout », phrase simpliste qui entame le film, nous dit que tel un effet boule de neige-domino, il suffit d’une pichenette pour effondrer le joli château de conte de fée du début ; que tout moment tendre peut être haché menu par n’importe quel évènement horrible. « Tout est impermanent », après le beau temps, vient la tempête (mais ça ne doit pas être le propos principal du film). D’ailleurs Noé indique clairement dans les dernières scènes que le malheur est inéluctable, comme l’annonçaient le rêve d’Alex (le tunnel rouge) et la sensation de mal de bras de Marcus.

Mais si ce n’est pas le temps qui détruit tout : ce sont les hommes. Tantôt bienveillants, bientôt méconnaissables de destruction, en proie à leur soif de vengeance. Tout commence avec le Ténia, mais même les meilleurs (Albert Dupontel) cèdent à la rage et frappent l’ennemi jusqu’à sa destruction. Et pourtant toute la seconde partie du film le montre en train de clamer sa non-bestialité, reprochant à Marcus d’être le Singe, la bête. Mais c’est lui qui tue. Autre chose : la toute première scène du film montre deux prisonniers, ils sont stupides, incapables de s’assumer et de freiner leurs ardeurs. Pourquoi cette scène ? Quel intérêt dans ce film ? C’est pourtant évident, parce qu’ils sont ce que presque n’importe quel individu peut devenir : des coupables, des gens qui ont « dérapés ».

Ce film est malin, on peut le lire de diverses façons, comme une enquête policière (le crime : pourquoi, comment) ou ethnologique (pourquoi ces comportements), à l’envers ou à l’endroit ; par exemple, si on le regardait cette fois à l’endroit, en commençant par le vrai début : tout moment tranquille porte en germe une explosion potentielle voire avérée (« méfiez vous de l’eau qui dort ») ; finalement le gentil n’est pas que gentil et peut être ou devenir lui aussi porteur de mal ; alors, s’il en bave plus tard, ce n’est que justice.

Et cette même dernière scène (celle du bonheur tranquille) peut aussi se lire comme la fin de l’histoire, donc un happy-end après tant d’épreuves… Alors, dans quel sens voir ce film ? Descente en enfer, ou retour au bonheur ? Double regard, sur une même situation, à l’image de nous mêmes, doubles, multiples, masqués, tantôt Dark Vador, tantôt Luke ? Quelle solution, que faire à la suite de l’agression subie ? zen attitude ou demolition man ? Quel est le mieux pour ne pas devenir fou ? Pour prouver son soutien ? Pour tenter de réparer ?

Et que reste t’il de l’amour ensuite, après le 2e carnage ? peut on revivre « comme avant » ?
Et s’il n’avait rien fait… tout aurait-il été été mieux pour autant ?
un film qui a mis beaucoup de gens mal à l’aise, peut-être parce qu’en cas d’attaque, on sait qu’on devrait se comporter « dignement » (c’est à dire en Gandhi, Jésus, Mère Thérésa, etc.) alors qu’on n’a qu’une envie : décapiter le méchant. Beaucoup de questions, peu de réponses ; reflet d’une société violente -multi formes, qui ne sait y répondre non plus.

Que Gaspard Noé ait raison ou pas, c’est bien la réaction du public qui prouve que ce film est un succès : susciter en nous le dégout, la réflexion, et plus simplement : une vive réaction.

Note : 8/10

Alpha Dog (2007)

Basé sur une histoire vraie, Alpha dog commence comme un bon film de teens aisés dealers de drogue locaux. Ils font la fête, de la muscu, s’insultent et tout va bien. Mais tout dégénère quand le leader de la bande prend en otage le petit frère d’un mauvais payeur.

Assez bien filmé, musique ni bonne ni mauvaise, les nombreux acteurs sont corrects dans l’ensemble, le contexte (bandes de teens fêtards) ne permettant ici absolument pas de juger leur jeu.

Le scénario, qui semble assez (trop) classique, finit par surprendre, d’autant plus que le ton, du comique passe à un suspense dramatique. La fin est très bien traitée, rompant totalement avec le début du film par son dur retour à la réalité : il est temps d’assumer ses actes.

Finalement, ce film nous prend à contre pied, pour notre plus grand plaisir, même si tout semble un peu fabriqué (syndrome des films de teens) et peu naturel. Mais c’est bien cette simplicité, cette naïveté qui vous touchera sûrement :)

7/10

Le vent se lève (2006)

De Ken Loach, avec Cillian Murphy

En 1920, alors qu’en Irlande partout des groupes de résistants se forment pour l’indépendance, deux frères se plongent eux aussi dans cette guerre civile.

La reconstitution est bluffante, sans tape à l’œil, sans grand spectacle. Et certaines scènes sont d’autant plus marquantes qu’elles sont crédibles.

Cependant, bien que le film soit engagé, Ken Loach aime être neutre, nous laissant juger seuls la situation. Même sur un sujet aussi tendu que celui de la guerre civile

Il ne cherche même pas à faire apprécier ses personnages, eux aussi sont secondaire devant le contexte historique. On appréciera ou non, le film montre que chaque homme change à cause la guerre passant de l’agneau au lion. Un film qui isole, qui détache le spectateur des personnages, c’est peu commun.

Note : Le titre original du film, The Wind that shakes the barley (« le vent qui secoue l’orge ») est à l’origine celui d’une chanson traditionnelle irlandaise du XIXe siècle, dont les paroles ont été écrites par Robert Dwyer Joyce.

Amadeus (1984)

De Milos Forman, avec Tom Hulce et F. Murray Abraham

La vie de Mozart est vue à travers Antonio Salieri, un compositeur reconnu. Admirateur, mais jaloux de cet homme, Salieri tente de le chasser et fini par l’assassiner.

Ce film déforme la réalité historique. La rivalité entre Mozart et Salieri n’existait même pas. Aucun réalisateur n’a jamais monter Mozart ainsi. Il est arrogant, grossier, prétentieux. Son caractère ne colle vraiment pas avec son génie. Mais, il mérite ses oscars. Tom Hulce, acteur méconnu mais talentueux, au rire mémorable est hilarant. Les décors réalistes et soignés. Une fiction où chaque élément est en harmonie avec les autres.

Gloomy Sunday (1999)

Titre original : Ein Lied von Liebe und Tod

de Rolf Schübel, avec Erica Marozán, Joachim Król, Stefano Dionisi, Ben Becker

Une femme, partagée entre trois hommes, une chanson avec une magie dangereuse, en un temps meurtrier. Ilona mène avec son amant Szabó un restaurant à Budapest. Quand, ils engage un pianiste celui-ci tombe aussi amoureux de la belle Ilona. Il écrit pour elle Gloomy Sunday et gagne ainsi la moitié de son cœur. Il se développe une relation exceptionnelle, dans laquelle tous trouvent plus ou moins son bonheur. Jusqu’à que Hans,un ancien habitué, qui avait aussi succombé au charme d’Ilona apparaît. Il revient en SS-Officier et est un des hommes les plus puissants de Budapest.
A travers un mélange de sérieux, de légèreté, ce film paraît triste, drôle et amer en même temps.
C’est un film allemand, pas traduit en francais, ni en anglais je pense, et difficile d’accès puisque même sur internet on y tombe pas dessus du premier coup.

Note : La chanson Glommy Sunday existe vraiment. Elle a été composé par Resnó Seress, un artisle hongrois, en mémoire des morts aimés du compositeur. Ce morceau très mélancolique est devenu légendaire. Notament, parce qu’il a été interdit dans al plupart les établissements hongrois qui craignaient de voir leurs clients de sucider. Il se surnomme aussi « Le morceau interdit de Budapest » ou « Le morceau sucidaire hongrois ». L’ironie du sort veut que Seress se soit sucider.

Sweet Sixteen (2002)

De Ken Loach, avec Martin Compston

Dans une banlieue pauvre du nord de l’angleterre, Liam attend la sortie de prison de sa mère. Il rêve de reconstruire une famille, et pour cela cherche de l’argent pour changer d’appartement et de vie. Il commence alors à dealer dans le quartier avec son meilleur ami, mais c’est aussi le début des réels problèmes pour lui.

Sweet Sixteen est un film puissant qui montre le désoeuvrement et les ravages du chômage dans certains quartiers. Liam, est « au fond du trou », et n’à que des moyens illégaux pour tenter de remonter la pente. Et dans le même temps, il essaye de reconstruire sa famille. L’alchimie des deux mène aux problèmes. L’acteur principal est fantastique, à peine 16 ans et il incarne le film à lui tout seul. Les autres ne sont pas en reste non plus.

Ken Loach arrive à nous accrocher sur un sujet difficile, tout en égrainant quelques passages humoristiques. Sans jamais chercher à propagander ni à écrire la morale de l’histoire, Ken Loach filme la vie du jeune Liam. Et ça c’est un bon point