Tag Archive: Esthétique

Inception (2010)

De : Christopher Nolan

Avec : Leonardo DiCaprio, Ellen Page, Cillian Murphy

Le pitch : Dom Cobb est un traqueur de rêve. Il s’insinue dans l’esprit des gens pour en dérober les secrets les mieux enfouis.

L’avis : C’est simple, Inception est une boucherie. S’il n’est pas le film absolument-parfait-philosophique-tout-ça oh oui, il claque fort les pauvres petits spectateurs terrés dans leurs fauteuils de velour rouge.

Outre des scènes aux effets spéciaux magistraux (les combats dans le couloirs, les villes fantomes, etc.), Inception se caractérise par une image très propre, associée à un style gentlemen old-school cher à Nolan. Le tout est mis en valeur, modernisé par une réalisation plus que dynamique, calée au millimètre, qui ne laisse pas le temps de souffler. Ce, pendant plus de 2h.

Le scénario retrouvant les plus purs canons de la SF moderne (détournement psychologiques et de la réalité) que sont Matrix, le récent Shutter Island et autres, retrouve les plus purs canons de la SF, est à mi-chemin entre Matrix (pour la réalité crée, à volonté) et Shutter Island* (la perte de réalité). Bien que vertigineux, le scénario ne perd pas pour autant ses spectateurs. Les mains cramponnées aux accoudoirs, leurs yeux grands ouverts tentent tant bien que mal de percer à jour le film avant l’heure.

*D’ailleurs, un mot pour DiCaprio qui réalise un beau doublé cinématographique. S’il assume correctement son rôle, ce sont plus les seconds rôles qui se taillent la part du lion (Joseph Gordon-Levitt, Tom Hardy). Le doublage français n’est pas terrible (Ken Watanabe, DiCaprio sont à oublier), heureusement cela concerne surtout les premières minutes du film.

Match Point (2005)

De Woody Allen, avec Jonathan Rhys-Meyers, Scarlett Johanson, Emily Mortimer

Le pitch : Chris, un jeune prof de Tennis d’origine modeste trouve sa voie de sortie auprès d’une famille très riche dont il épouse la fille. Mais il ne pense qu’à la fiancée de son beau frère

L’avis : Woody Allen adore mettre ses personnages face à leurs difficultés notamment sur le plan sexuel/relationnel (on peut même dire qu’il ne pense qu’à ça !) : et bien c’est réussi, d’autant plus qu’il ne joue pas dedans. On obtient un film dense, long, qui a révélé au plus haut niveau Jonathan Rhys-Meyers.

Un scénario simplicimement dément, une montée en puissance, des seconds acteurs impeccables, des décors magnifiques au sein des beaux quartiers de Londres…Match Point est un savoureux mélange, dont on appréciera jusqu’à son amoralité dans notre monde aseptisé à la mentalité toute tracée (même si on ne soutiendras pas les gestes du personnage)

De Ron Howard, avec Tom Hanks, Ewan Mc Gregor, Ayelet Zurer (c’est une femme…)

Le pitch : Le Pape vient de mourir, et Robert Langdon reprend du service : le Vatican l’appelle à l’aide car 4 cardinaux parmis les plus côtés viennent de se faire enlever.

L’avis : Da Vinci Code n’était pas vraiment mauvais, il n’étais pas non plus bon. Anges et démons, surpasse son ainé, en imposant une enquête très linéaire mais à un rythme effréné dans un décors majestueux : Rome. Courant de cathédrales en palais, la caméra de Ron Howard et la musique d’Hans Zimmer, font un petit miracle et  assurent un excellent thriller de divertissement.

De Eric Rohmer, avec Fabrice Luchini, Arielle Dombasles, André Dussolier, et d’autres

Le pitch : Perceval, éduqué dans l’ignorance, découvre malgré tout la vie des Chevaliers. Il rejoint Arthur et part en quète du Graal

L’avis : L’oeuvre de Chrétien de Troyes revisitée en vers octosyllabes. Voir un film récité en vers n’est pas de tout repos, il faudra s’accrocher malgré les petites baisses de rythmes et une fin un peu étrangement traitée. Heureusement, l’accompagnement musical est des plus agréable, même si les chants font un peu amateur par moments !

Côté visuel, je l’ai trouvé enchanteur, avec ses décors carton-pâte simplistes mais aux couleurs chatoyantes. L’idée est bonne d’autant plus qu’on regarde davantage le personnage que les frises sur le mur…résultat Perceval ressemble plus à une pièce de théatre qu’à un film. Heureusement que les acteurs principaux font des merveilles, même si d’autres ont du mal à déclamer leur texte sans avoir l’air rigides/absents.

Hostel (2006)

Trois jeunes partent en Europe à la recherches de rencontres faciles et de déconne. Conseillés par un autre jeune, ils partent pour la Slovaquie. Là, ils obtiennent ce qu’ils veulent mais il se passe des choses…étranges.

Hostel n’est pas un film effrayant, c’est un film dont vous sortirez mal à l’aise, secoué. La faute à une réalisation impeccable, qui s’attarde sur chaque moment, qu’il s’agisse de l’introduction (qui est par ailleurs réaliste, et nous épargne les clichés des films teenagers), ou des scènes de tortures, brillamment filmées. Je le déconseille aux âmes sensibles.

Ensuite le film se distingue par son aspect graphique. Que ce soit Amsterdam, l’auberge de Bratislava ou encore les cellules, tout est maîtrisé et la caméra patiente d’Eli Roth en fait profiter le spectateur. Les scènes gores sont assez réalistes (en général), et les musiques d’ambiance, orchestrales, sont bien supérieures à ce qui se fait habituellement dans le genre. Aucun thème mélodieux, mais rempli parfaitement son rôle

Pour finir, Hostel comporte une vraie réflexion sur les dérives de l’exploitation de l’homme par l’homme. La morale est tacite, jamais énoncée, mais visible aux tribulations des héros

8/10

Escaflowne (1995)

Couverture d'escaflowne

Je vais un peu m’écarter du sujet principal de ce site : les films. Il existe quelques rares dessins animés, manga ou non, qui soient d’une qualité exemplaire, et ils méritent autant que les films d’être mis en avant. Après tout peu importe le style, ce qui compte c’est bien la qualité, n’est ce pas ?

Escaflowne, chef d’œuvre dans l’univers (de plus en plus pourri et industriel) des animés (nom donné aux dessins animés de style manga). 26 épisodes de 25 minutes, cours et denses à la fois, et un film (je ferai sa fiche plus tard)

Hitomi, lycéenne, sait lire les tarots pour voir l’avenir. Mais apparait alors un jeune guerrier (Van) et un dragon terrestre, venu d’un autre monde par un rayon lumineux. A la suite de leur affrontement, Hitomi se retrouve téléportée sur Gaia, la planète de Van, ou l’empire Zaïbacher tente d’imposer sa vision idéaliste et contrôlée de l’avenir. Seul Van, qui pilote Escaflowne, une armure mécanisée légendaire peut les contrer avec l’aide d’Hitomi.

Escaflowne c’est une animation qui déchire pas mal, un scénario long, riche (combats, jeux politiques, mystères, amours bien sur), et qui offre sans cesse de nouveaux rebondissements, des personnages travaillés et tous cohérents et intéressants, la présence des mechas si chers aux japonais, et enfin une musique exceptionnelle de Yoko Kanno (écoutez les thèmes Dance of Curse ou encore Shadow of Doubt…). De plus Escaflowne s’est crée un véritable univers : c’est un véritable voyage des sens (visuels, auditif, culturel), qui vous transporte vers Gaia, cette autre terre, plus belle et plus terrible à la fois.

PS : la série fut diffusée sur canal+, gage de qualité à l’époque

combat entre van et le dragon terrestre