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La discrète (1990)

De Christian Vincent

Avec Fabrice Luchini et Judith Henry

Le pitch : Antoine, un jeune écrivain, est chargé par son éditeur de séduire une jeune femme. La séduire pour ensuite l’abandonner, et tirer de celà de quoi écrire un nouveau récit.

L’avis : un film intelligent, qui oppose deux personnages radicalement différents. L’un, très masculin malgré ses manières : séducteur et très analytique, malgré sa verve littéraire. L’autre, féminin : discrète, mais pas effacée, douce, poétique et pourtant crue. L’un pensait tromper l’autre. Ce qui devait être une banale affaire transforme notre héros en être humain sensible, même s’il ne veut pas l’admettre. Le scénario, simplement articulé autour d’une idée démoniaque, se retourne délicatement pour nous offrir un tout autre regard sur l’amour et la séduction. Luchini est toujours incroyable, avec le pétillant et l’arrogance de sa jeunesse d’alors. Judith Henry est troublante dans son rôle de fausse petite-fille.

Et pour ne rien gâcher, une bande musicale à vous réconcilier avec le classique.

La note : 9/10

Les beaux gosses (2009)

De Riad Sattouf, avec Vincent Lacoste, Anthony Sonigo, Alice Tremolières

Le pitch : deux ados un peu marginaux et leurs poussée d’hormone au lycée devant ces jeunes filles

L’avis : un film que vous devez voir. Pourquoi ?

- un bon reflet de la vie d’ado (sans en rajouter)
- sans le ridicule des acteurs de l’esquive
- des répliques et scènes beaucoup plus drôles, de l’inventivité
- un scénario qui rebondit et surprend
- un contrepied aux films habituels trop bien pensants
- une musique qui tue

99 Francs

De Jean Kounen
Avec Jean Dujardin

le Pitch : Phrase introductrice du film : « L’homme est un produit comme les autres, avec une date limite de vente. Je suis publicitaire. Je suis de ceux qui vous font rêver des choses que vous n’aurez jamais. Ciel toujours bleu, nanas jamais moches, bonheur parfait retouché sur Photoshop. Vous croyez que j’embellis le monde ? Perdu. Je le bousille. Tout est provisoire. »

L’avis FilmAware : 99 m’a surpris là où je ne l’attendais pas ! En fait, il s’agit d’une sorte de mix entre le côté révolutionnaire de Fight Club, la sublimation d’un retour à la terre et la désillution de nos rêves que l’on trouve dans La Plage, et les grands moments de défonce sous acides de Las Vegas Parano. Jean Dujardin est excellent, et surtout apporte cette ambiance détendue qui dédramatise le sujet du film. Et heureusement, car Jan Kounen jongle entre le drame et la comédie, le sujet du film étant très sombre à la base.

Sommes nous envahis par la publicité ? C’est ce qu’on nous démontre, en retournant ce média contre lui même : 99F est vraimen bien filmé, ponctués de scènes filmées comme des clip de mode, musiques, slogans, on a le droit à la totale pour chambouler notre esprit. La publicité qui utilise les sétéotypes pour passer dans notre subconscient, la publicité qui utilise l’art pour faire aimer un produit, car c’est la plate réalité économique : il faut écouler ce stock de 12 000 tonnes de yaourt. Ainsi la publicité n’est qu’un moyen au profit de l’art ou du commerce : lors du finale, c’est le détournement de la publicité qui permet de triompher de l’ogre économique…

Finalement, 99 Francs a l’effet d’une piqure de rappel bien pensée, au cas où on se serait tout doucettement mis à ronronner au fil des années canapé. Jusqu’où vont nos responsabilités dans nos vies si bien menées ? (bon et sur cette magnifique question je m’en retourne manger des chips :p)

Le mec le plus drôle du film : « Président, vous avez reçu mon mail de confirmation ? » :D

Chrysalis (2007)

chrysaRéalisateur: Julien Leclerq

Acteurs principaux: Albert Dupontel, Marie Guillard, Marthe Keller.

Résumé : Paris. Dans un futur aux technologies avancées, un flic assoiffé de vengeance
traque sans relâche l’assassin de sa femme, tuée dans une embuscade. Cette enquête
désespérée le plonge alors, avec une collègue féminine, dans un univers sordide, où un
trafic de corps humains et de mémoire immédiate se développe entre des malfrats et une
clinique ultra-sophistiquée.
Notre avis : Scènes de combat, personnages sombres, intrigue nébuleuse, font de Chrysalis un film à la fois original et relevant de l’impression de déjà vu: les décors glacés rappellent ceux de Matrix, les effets spéciaux ceux de Minority Report. Pourtant, ce film passé assez inaperçu se laisse regarder avec plaisir: le suspens est haletant, les personnages sont inquiétants, l’intrigue  se joue à plusieurs niveaux. Ne nous plaignons pas: Chrysalis fait partie des films français qui se regardent comme un film américain.

Albert Dupontel nous conforte dans un rôle qui lui va toujours bien: celui de l’anti-héros, à deux doigts de sombrer dans la folie, de passer du côté obscur. Marthe Keller exploite sa beauté et son accent germanique pour camper un personnage à deux visages et dangereux. A noter: la présence de Estelle Lefébure, qui tire son épingle du jeu en tout bien tout honneur.

Jacques Audiard a réalisé là un chef d’œuvre. Très souvent incompris quand j’en lis les avis, il est pourtant génial.

Tom suis les traces de son père, faisant ses affaires dans l’immobilier, n’hésitant pas à utiliser des méthodes musclées pour obtenir gain de cause. Mais un jour, il croise l’ancien agent de sa mère, qui était pianiste concertiste. L’agent lui donne une date pour une audition, et Tom se met en tête de le préparer. Réapprendre la musique va lui réapprendre à vivre.

Ce film repose sur le talent de Romain Duris, déjà vu avant dans l’auberge espagnole. Prometteur alors, il se confirme ici comme étant un véritable acteur. Les subtilités dans son jeu sont infinies, et c’est un délices de lire sur son visage les pensées par lesquelles passe Tom. Néanmoins il ne joue pas seul bien sûr, et les acteurs rassemblés ici me restent tous fidèlement en mémoire. Bravo à eux.

Pour un film Français, la réalisation est dynamique, efficace, souvent à l’épaule, et les plans sont esthétiquement travaillés, ce qui est peu souvent le cas par chez nous…Le résultat est là, le film est clairement au dessus du lot.

De toute évidence, le film tournant autour de la musique, ne pouvait se passer d’une bande son exemplaire. Le thème qu’il prépare pour l’audition bien sûr, mais aussi les autres. Et le piano, peut être plus que tout autre instrument calme l’esprit et ajoute à l’ambiance du film.

9/10

Rien sur Robert (1999)

De Pascal Bonitzer, avec Fabrice Luchini & Valentina Cervi

Didier, un intellectuel a écrit un article sur un film qu’il n’a pas vu et il en perd son public. Juliette, sa copine, le trompe avec d’autres hommes ouvertement, tout en assurant n’aimer que lui. Pour finir, il rencontre Aurélie, une jeune femme très mystérieuse qui se comporte bizarrement avec lui…

Si vous ne l’avez pas apprécié, regardez-le à nouveau après avoir lu cet article, vous le verrez d’un oeil neuf. Les qualités de ce film sont : d’abord un scénario qui fait sortir de son confort le héros, si intellectuel. Les personnages qu’il rencontre sont autant d’occasion de le méler à des moments troublants de sa vie, et de secouer ses idées. Ensuite, les acteurs : si Luchini y est magistral (et certaines de ses répliques sont jouissives à entendre !), les autres ne sont pas à la peine non plus. Il faut dire qu’il y a tout une tripotée d’acteurs imposants (Edouart Baer, Michel Piccoli, sandrine Kiberlain…). Chacun de leur personnage incarne une façon de voir le monde, l’imposant tour à tour à Didier

Didier, le héros, reste accroché à Juliette, qui tout en lui assurant l’aimer, le trompe avec d’autres hommes sous son nez. Mais la distance qu’il conserve avec Aurélie (il la vouvoie encore après avoir couché avec elle !) renforce l’attraction qu’il exercait déjà sur elle… une formidable démonstration des lois de l’attraction

Au niveau technique, voila un film français très agréable, à la réalisation sobre et efficace. Mention spéciale pour les couleurs, bien rendues, souvent pastel. Les musiques sont assez rares et de choix.

PS : Valentina Cervi est vraiment à croquer

9/10