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Shutter Island (2010)

Attention : ne pas lire la critique avant de voir le film…ça vous gacherait peut être le plaisir de la découverte.

De Martin Scorcese, avec Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley, Emily Mortimer

Le pitch : Le Marshall Teddy Daniels est envoyé à l’asile psychiatrique de Shutter Island, ou sont isolés des patients soignés selon des méthodes alternatives, pour enquêter sur la disparition d’une femme.

L’avis : Shutter Island est de ces films à double tranchant, la première partie du film posant les bases d’un scénario solide, entre polard et thriller. La seconde partie ne fait que détruire la première, recréant une nouvelle réalité, renversant l’originelle, perdant le spectateur à la recherche de repères. Les doubles lectures sont multiples dans un scénario qui foisonne de détails et d’interprétations possibles.

Ajoutez à cela un rythme et une puissance aussi bien visuelle que sonore rarement vue chez Scorcese (qui préférait le solennel ou la violence brute), une direction d’acteurs correcte, une revisite des traumatismes de guerre, ce film a tout pour vous secouer. Sans être novateur en terme de cinéma, Scorcese se contente de reprendre avec maestria des codes déjà bien connus du public, distillant peur, dégout, ou impatience. Que le scénario nous plaise ou nom au final, là n’est pas la question ; Shutter Island vous a t’il surpris ?

Au risque de passer pour un rageux, incapable d’apprécier un film, je tiens à donner mon avis sur ce qui plombe la majorité des gros films, même si cela s’applique également aux romans, jeux vidéos, etc.

Le calcul est simple. A l’âge de 20 ans, on a généralement vu plus de 500 films. Autant dire qu’on n’est plus aussi naïfs en découvrant un film, on connait les grosses ficelles ; on a besoin de sang neuf.

Je dis ça car je reviens du film Avatar. On ne nous a pas menti : c’est diablement beau.  Et si le début donne juste l’air d’un film très moyen, la fin devient carrément pitoyable. Voila le pitch : Les humains exploitent la planète Pandora à l’autre bout du cosmos. Dans la colonie, seul Jake et les pilotes d’avatars comprennent que le peuple de Pandora est riche d’une culture peu commune. Mais ce qui commençait comme un beau conte devient une parodie, le film se prend au sérieux, opposant d’un côté une tribu genre « cheyennes de l’espace » et des marines bien marines…bref une fois le manichéisme posé, je ne vois plus trop ce qu’on peut sauver.

En effet, on peut savoir exactement quels personnages vont mourir, survivre, se réconcilier ou trahir leur camp. Plus globalement, le découpage du scénario est tellement télescopé, prévisible à l’avance, que ça en devient gerbant. C’est simple, mis à part les visuels, le film est fade. Les dialogues sont devinés avant même d’être entendus, ils paraissent d’autant fabriqués, factices ; comment y croire ? Le scénario, si on peut appeler cela un scénario, déroule pendant 2h30 ce qui a déjà été montré 10 000 fois. Sans compter la musique, typique des blockbusters (là aussi sans personnalité et jouant uniquement sur l’emphase). Avatar est donc le type de film que nous ne conseillons pas de voir, ou alors sans le son, juste pour la beauté des images.

Et puis, un film à la mode (bin oui, si c’est pas un film écolo ça…) ET dogmatique, ça m’énerve. On est obligé d’être d’accord avec, obligé de ne pas trop le chahuter, il y a forcément une morale imposée…mais nous savons tous que l’image, le cinéma a toujours été un moyen d’influence ! Cependant dans une oeuvre d’art il ne faut jamais tout livrer, c’est au spectateur de devoir ressentir le film, ses idées et ses orientations. Ca ne sert à rien de les placarder sur chaque mur à chaque scène…

Et nous, candides que nous sommes, à espérer des films sincères, brillants, à chaque fois que nous pénétrons les salles obscures…

Walkyrie (2009)

De Bryan Singer, avec Tom Cruise et aussi Tom Cruise

Le pitch : Blessé de guerre, le colonel Staufeneberg veut mettre un terme au conflit en se joignant au complot contre Hitler.

L’avis : Bryan Singer a le mérite dans ce film, de maintenir une tension, une inquiétude quand au complot qui dure jusqu’à la fin alors que nous connaissons tous la fin de l’histoire. Histoire plus ou moins adaptée pour le film bien sûr, mais rien de grave. Et c’est la force de ce film, d’être crédible, efficace, dynamique. Tout n’y est pas parfait mais vous pouvez foncer dessus

inglorious basterdsDe Quentin Tarantino, avec Brad Pitt, Christoph Waltz, Diane Kruger, Mélanie Laurent

Le pitch : 2nde guerre mondiale. Une escouade de choc est envoyée derrière les lignes allemandes pour y tuer un maximum de nazis.

L’avis :

Extrait :

- Il nous faut trois personnes pour parler Italien. Moi je je suis celui qui le parles le mieux. Ensuite il y a Danny, il fera le cameraman. Et omar c’est le 3ème meilleur, il fera l’assistant de danny !
- mais je cause pas italien !
- ouais c’est ce que je dis, t’es le troisième meilleur ! Il suffit que tu fermes ta gueule. Je serai toi je commencerai tout de suite.

C’est avec ce genre de dialogues, si propres à Tarantino, que ce film se savoure. Et quand chaque personnage est travaillé comme jamais, ça nous donne ce « magnifique » capitaine SS, une Diane Kruger plus vraie qu’actrice. Brad Pitt force un peu son numéro de cirque mais ça reste mangeable, tandis que Mélanie Laurent reste…Mélanie Laurent, et passe à côté de son métier d’actrice. C’est aussi dans les seconds rôles qu’il faut chercher les beaux rôles où il n’y a rien à reprocher au jeu des acteurs ; Tarantino s’est même amusé à « soigner » les personnages d’Hitler et de Goebbels par des mimiques récurrentes.

Le scénario qui semble basique est sauvé par le dynamisme narratif (ça fait pompeux comme phrase hmm ?). Et contrairement à n’importe quel Blockbuster, il n’y a aucune pitié pour les héros, ceux qui doivent mourir vont… mourir, et puis c’est tout ! C’est donc un film à mi-chemin entre le grandiloquent de Pulp Fiction et la boucherie gratuite de Kill Bill.

A tous points de vue un film pop-corn excellent. Attention à ne pas mélanger réalité et cinéma parce qu’il mêle allègrement violence, humour et discussions philosophique. De là à envisager la violence avec humour il n’y a qu’un pas qu’on ne franchira pas !

- Sergent Hugo Stiglitz ? Lieutenant Aldo Raine. Eux c’est les bâtards. On voulait vous dire qu’on est tous très fan de votre boulot. Comme liquidateur de nazis.
- rhhhha (un nazi agonise)
- PAMM (plus de nazi qui agonise)
- je trouve que vous avez beaucoup de talents. Je me flatte d’avoir beaucoup de flair pour ce genre de talents.

24ridi.xlDe Ridley Scott, avec Orlando Bloom, Eva Green, Jeremy Irons, Liam Neeson

Le pitch : Ballian a perdu sa femme. Quand son père revenu de croisade lui propose d’y retourner avec lui, ça tombe bien : il a des ennuis car il vient de tuer le méchant prêtre qui a coupé la tête de sa femme.

L’avis : Puissant et visuellement éblouissant.Réalisation aboutie (sûrement plus que dans gladiator), le film dure mais est mené à un train d’enfer ; chaque scène nous surprend car le scénario devance toujours le spectateur, c’est assez étrange et plaisant quand on voit tous ces films lents ou on passe temps à tout anticiper, plutôt qu’à simplement regarder.

L’histoire est pourtant assez simple, les personnages assez manichéens, mais ce n’est pas grave. Ce film s’en fiche éperdument, à l’image de son héros, éternel taciturne, qui ne pense qu’à sa rédemption en Jérusalem (et tant mieux si Orlando Bloom arrête de jouer les minettes). D’ailleurs, ils s’apargnent même des dialogues inutilement longs. Imparfait mais brut.

kingdom_of_heaven

Starship Troopers (1997)

De Paul Verhoeven, avec Casper van Dien

Dans une société futuriste très patriotique, une bande d’étudiants se séparent quand les Arachnides attaquent les colonies spatiales humaines : Johnny Rico s’engage dans l’infanterie mobile tandis que sa petite amie part pour devenir pilote.

Starship Troopers brille de mille feux dans l’univers des films de science fiction. D’abord, parce que qui dit science fiction dit effets spéciaux, ici très réussis dans l’ensemble. Ensuite, parce qu’il ne s’arrête pas à ce genre, et enchaîne les références à des scènes cultes du Cinéma. Les acteurs sont parfaitement dirigés, le résultat est que leur jeu dynamise totalement le film. Les cascades sont impressionnantes et la guerre avec les Arachnides tout ce qu’il y a de plus gore. Enfin, la musique de Basil Pouledoris, est vraiment réussie, mêlant musiques épiques/SF et musiques festives modernes.

Au delà d’un excellent film d’action, Starship Troopers se lit également comme une description d’une société de conquête à son apogée, ou ses héros sont à la fois glorifiés, mais au sein d’un système militaire qui frappe avant de réfléchir, qui sacrifie ses hommes, et de la soit disant « civilisation », qui face à un ennemi se révèle barbare elle aussi.

Note : le film repose sur le roman de Robert Heinlein, « Etoiles Garde à vous ! » (Titre français), qui ne traite pas de cette guerre contre les insectes, mais décrit cette société particulière et son armée.

9/10

Conan le Destructeur (1984)

De Richard Fleischer, avec Arnold

Ahh, voila un film qu’il est marrant. Conan erre toujours, sans goût à la vie après avoir perdu sa copine. Mais la reine de je ne sais quel royaume lui offre de la ressusciter si il l’aide à récupérer un joyau magique.

Ce film là, ressemble parfaitement à une partie de jeux de rôle, comme on en voit dans les livres. Entre les personnages super-clichés, les répliques pas très fines et bien senties, on se demande si le film à une âme particulière. Et bien oui ! Car au delà d’un kitsch rigolo, un bonne partie des décors sont franchement réussis, la musique pompe allègrement sur celle du premier Conan (qui était géniale, pour rappel), et certains passages sont vraiment épiques.

Mais ces passages sont un peu trop isolés pour en faire une réussite : Conan le destructeur est un vrai film à pizza, voir même une daube. Même si c’est dommage de n’en retenir que cela

3/10

Apocalypto (2007)

De Mel Gibson, avec Rudy Youngblood

Patte de Jaguar, fils du chef de son village, vit tranquillement avec sa femme et les autres chasseurs. Mais les soldats mayas viennent les piller. Il cache sa femme et son fils dans un trou mais se fait capturer, et est emmené pour être sacrifié aux Dieux. Mais il doit sauver sa famille…
Apocalypto est un film sans détours, brut. Le travail graphique et la reconstitution de la civilisation maya est impressionnant, très fort en couleurs. Les acteurs ne sont pas connus ce qui ajoute au plaisir de découvrir un film. L’autre atout d’Apocalypto, ce sont certaines scènes au style animal, proches de la transe, cohérentes avec l’univers du film et assez réussies.

Sans s’y attarder plus que de rigueur, les rapports humains sont bien traités, et sont d’autant plus évidents du fait de nos différences de civilisations modernes/maya. C’est un bon point, et fait le parallèle avec notre époque. Le personnage, confronté à la violence, ne peut que faire le sombre parallèle entre sa conduite, dominatrice – mais civilisée  – avec ses congénères, et celle des pillards. Cela va le pousser à rechercher le bonheur plutôt qu’à rechercher une force sociale au détriment des autres.

A partir de la traque dans la jungle, l’histoire devient un peu trop irréaliste. Certains détails gênants font qu’Apocalypto n’est pas un chef d’œuvre, mais un film d’action magnifié et inspiré, dans la lignée de Gladiator. Et c’est déjà pas mal.

7/10

La Ligne Rouge (1999)

De Terrence Malick, avec Jim Caviezel, Sean Penn, Nick Nolte, John Travolta et pas mal d’autres guest-stars

A Guadalcanal dans le Pacifique, les américains tentent de reprendre les îles des mains des japonais. Le soldat Witt, découvre un autre monde, tout en devant lui faire la guerre.

La Ligne Rouge est le film clé de Terrence Malick, alliant la poésie et l’humanisme. Poésie des textes et des décors ; et humanisme des personnages, que la guerre force à trouver un sens à la vie. Et il n’y a au final aucun mauvais homme, seulement différentes personnalités, différentes visions du monde.

Certains passages sont trop longs, mais il n’y a pas de déchets. Le casting est de choix, mension spéciale à Nick Nolte, phénoménal en colonel militariste, à Jim Caviezel, parfait soldat spirituel, et à Sean Penn, en cynique.

Mais il s’agit bien d’un film de guerre, et La Ligne Rouge ne manque pas de batailles. Elles présentent un double intérêt : une réalisation dynamique et un décors encore inconnu au cinéma.

Enfin, la musique du film, est une tuerie comme on en entend rarement : un premier cd composé par Hans Zimmer, avec des thèmes profonds et planants ; et le second comporte uniquement les thèmes mélanésiens (les chants des villageois visités par Witt).

9/10

Le vent se lève (2006)

De Ken Loach, avec Cillian Murphy

En 1920, alors qu’en Irlande partout des groupes de résistants se forment pour l’indépendance, deux frères se plongent eux aussi dans cette guerre civile.

La reconstitution est bluffante, sans tape à l’œil, sans grand spectacle. Et certaines scènes sont d’autant plus marquantes qu’elles sont crédibles.

Cependant, bien que le film soit engagé, Ken Loach aime être neutre, nous laissant juger seuls la situation. Même sur un sujet aussi tendu que celui de la guerre civile

Il ne cherche même pas à faire apprécier ses personnages, eux aussi sont secondaire devant le contexte historique. On appréciera ou non, le film montre que chaque homme change à cause la guerre passant de l’agneau au lion. Un film qui isole, qui détache le spectateur des personnages, c’est peu commun.

Note : Le titre original du film, The Wind that shakes the barley (« le vent qui secoue l’orge ») est à l’origine celui d’une chanson traditionnelle irlandaise du XIXe siècle, dont les paroles ont été écrites par Robert Dwyer Joyce.