Tag Archive: Jeunes Acteurs

Inception (2010)

De : Christopher Nolan

Avec : Leonardo DiCaprio, Ellen Page, Cillian Murphy

Le pitch : Dom Cobb est un traqueur de rêve. Il s’insinue dans l’esprit des gens pour en dérober les secrets les mieux enfouis.

L’avis : C’est simple, Inception est une boucherie. S’il n’est pas le film absolument-parfait-philosophique-tout-ça oh oui, il claque fort les pauvres petits spectateurs terrés dans leurs fauteuils de velour rouge.

Outre des scènes aux effets spéciaux magistraux (les combats dans le couloirs, les villes fantomes, etc.), Inception se caractérise par une image très propre, associée à un style gentlemen old-school cher à Nolan. Le tout est mis en valeur, modernisé par une réalisation plus que dynamique, calée au millimètre, qui ne laisse pas le temps de souffler. Ce, pendant plus de 2h.

Le scénario retrouvant les plus purs canons de la SF moderne (détournement psychologiques et de la réalité) que sont Matrix, le récent Shutter Island et autres, retrouve les plus purs canons de la SF, est à mi-chemin entre Matrix (pour la réalité crée, à volonté) et Shutter Island* (la perte de réalité). Bien que vertigineux, le scénario ne perd pas pour autant ses spectateurs. Les mains cramponnées aux accoudoirs, leurs yeux grands ouverts tentent tant bien que mal de percer à jour le film avant l’heure.

*D’ailleurs, un mot pour DiCaprio qui réalise un beau doublé cinématographique. S’il assume correctement son rôle, ce sont plus les seconds rôles qui se taillent la part du lion (Joseph Gordon-Levitt, Tom Hardy). Le doublage français n’est pas terrible (Ken Watanabe, DiCaprio sont à oublier), heureusement cela concerne surtout les premières minutes du film.

La discrète (1990)

De Christian Vincent

Avec Fabrice Luchini et Judith Henry

Le pitch : Antoine, un jeune écrivain, est chargé par son éditeur de séduire une jeune femme. La séduire pour ensuite l’abandonner, et tirer de celà de quoi écrire un nouveau récit.

L’avis : un film intelligent, qui oppose deux personnages radicalement différents. L’un, très masculin malgré ses manières : séducteur et très analytique, malgré sa verve littéraire. L’autre, féminin : discrète, mais pas effacée, douce, poétique et pourtant crue. L’un pensait tromper l’autre. Ce qui devait être une banale affaire transforme notre héros en être humain sensible, même s’il ne veut pas l’admettre. Le scénario, simplement articulé autour d’une idée démoniaque, se retourne délicatement pour nous offrir un tout autre regard sur l’amour et la séduction. Luchini est toujours incroyable, avec le pétillant et l’arrogance de sa jeunesse d’alors. Judith Henry est troublante dans son rôle de fausse petite-fille.

Et pour ne rien gâcher, une bande musicale à vous réconcilier avec le classique.

La note : 9/10

Match Point (2005)

De Woody Allen, avec Jonathan Rhys-Meyers, Scarlett Johanson, Emily Mortimer

Le pitch : Chris, un jeune prof de Tennis d’origine modeste trouve sa voie de sortie auprès d’une famille très riche dont il épouse la fille. Mais il ne pense qu’à la fiancée de son beau frère

L’avis : Woody Allen adore mettre ses personnages face à leurs difficultés notamment sur le plan sexuel/relationnel (on peut même dire qu’il ne pense qu’à ça !) : et bien c’est réussi, d’autant plus qu’il ne joue pas dedans. On obtient un film dense, long, qui a révélé au plus haut niveau Jonathan Rhys-Meyers.

Un scénario simplicimement dément, une montée en puissance, des seconds acteurs impeccables, des décors magnifiques au sein des beaux quartiers de Londres…Match Point est un savoureux mélange, dont on appréciera jusqu’à son amoralité dans notre monde aseptisé à la mentalité toute tracée (même si on ne soutiendras pas les gestes du personnage)

Les beaux gosses (2009)

De Riad Sattouf, avec Vincent Lacoste, Anthony Sonigo, Alice Tremolières

Le pitch : deux ados un peu marginaux et leurs poussée d’hormone au lycée devant ces jeunes filles

L’avis : un film que vous devez voir. Pourquoi ?

- un bon reflet de la vie d’ado (sans en rajouter)
- sans le ridicule des acteurs de l’esquive
- des répliques et scènes beaucoup plus drôles, de l’inventivité
- un scénario qui rebondit et surprend
- un contrepied aux films habituels trop bien pensants
- une musique qui tue

De Eric Rohmer, avec Fabrice Luchini, Arielle Dombasles, André Dussolier, et d’autres

Le pitch : Perceval, éduqué dans l’ignorance, découvre malgré tout la vie des Chevaliers. Il rejoint Arthur et part en quète du Graal

L’avis : L’oeuvre de Chrétien de Troyes revisitée en vers octosyllabes. Voir un film récité en vers n’est pas de tout repos, il faudra s’accrocher malgré les petites baisses de rythmes et une fin un peu étrangement traitée. Heureusement, l’accompagnement musical est des plus agréable, même si les chants font un peu amateur par moments !

Côté visuel, je l’ai trouvé enchanteur, avec ses décors carton-pâte simplistes mais aux couleurs chatoyantes. L’idée est bonne d’autant plus qu’on regarde davantage le personnage que les frises sur le mur…résultat Perceval ressemble plus à une pièce de théatre qu’à un film. Heureusement que les acteurs principaux font des merveilles, même si d’autres ont du mal à déclamer leur texte sans avoir l’air rigides/absents.

Starship Troopers (1997)

De Paul Verhoeven, avec Casper van Dien

Dans une société futuriste très patriotique, une bande d’étudiants se séparent quand les Arachnides attaquent les colonies spatiales humaines : Johnny Rico s’engage dans l’infanterie mobile tandis que sa petite amie part pour devenir pilote.

Starship Troopers brille de mille feux dans l’univers des films de science fiction. D’abord, parce que qui dit science fiction dit effets spéciaux, ici très réussis dans l’ensemble. Ensuite, parce qu’il ne s’arrête pas à ce genre, et enchaîne les références à des scènes cultes du Cinéma. Les acteurs sont parfaitement dirigés, le résultat est que leur jeu dynamise totalement le film. Les cascades sont impressionnantes et la guerre avec les Arachnides tout ce qu’il y a de plus gore. Enfin, la musique de Basil Pouledoris, est vraiment réussie, mêlant musiques épiques/SF et musiques festives modernes.

Au delà d’un excellent film d’action, Starship Troopers se lit également comme une description d’une société de conquête à son apogée, ou ses héros sont à la fois glorifiés, mais au sein d’un système militaire qui frappe avant de réfléchir, qui sacrifie ses hommes, et de la soit disant « civilisation », qui face à un ennemi se révèle barbare elle aussi.

Note : le film repose sur le roman de Robert Heinlein, « Etoiles Garde à vous ! » (Titre français), qui ne traite pas de cette guerre contre les insectes, mais décrit cette société particulière et son armée.

9/10

Alpha Dog (2007)

Basé sur une histoire vraie, Alpha dog commence comme un bon film de teens aisés dealers de drogue locaux. Ils font la fête, de la muscu, s’insultent et tout va bien. Mais tout dégénère quand le leader de la bande prend en otage le petit frère d’un mauvais payeur.

Assez bien filmé, musique ni bonne ni mauvaise, les nombreux acteurs sont corrects dans l’ensemble, le contexte (bandes de teens fêtards) ne permettant ici absolument pas de juger leur jeu.

Le scénario, qui semble assez (trop) classique, finit par surprendre, d’autant plus que le ton, du comique passe à un suspense dramatique. La fin est très bien traitée, rompant totalement avec le début du film par son dur retour à la réalité : il est temps d’assumer ses actes.

Finalement, ce film nous prend à contre pied, pour notre plus grand plaisir, même si tout semble un peu fabriqué (syndrome des films de teens) et peu naturel. Mais c’est bien cette simplicité, cette naïveté qui vous touchera sûrement :)

7/10

La Tête de Maman (2007)

Comédie dramatique, Française, de Carine Tardieu
avec Chloé Coulloud, Karin Viard, Kad Merad, Pascal Elbe

Voulant redonner le sourire à sa mère, dépressive et malade depuis 20 ans, Lulu, 1 jeune ado lycéenne, retrouve l’homme présent sur de vieilles photos joyeuses; mais la situation lui échappe…

Petit film très frais, plein de délicatesses et drôleries, sur l’adolescence, la famille, la vie, l’amour, les aléas, la mort ; rien de plombant; l’histoire est racontée en voix off par Lulu, qui survole sa vie, tel un petit oiseau agacé ; elle est touchante dans sa quête; maladroite mais pugnace, timide mais maline, rebelle mais tendre; la renaissance de l’une amène les découvertes de l’autre, et on s’amuse des joies ou déconvenues de l’apprentie sorcière; des dialogues savoureux, des acteurs épatants, un univers décalé, onirique et toujours inventif font de cette oeuvre une belle réussite (Rien à voir avec une comédie classique u.s.)

La présence de Jane Birkin ajoute au charme d’ensemble.
Léger comme une bulle, certains pourront le trouver comme manquant de profondeur; mais pas besoin de parpaings pour réfléchir et s’émouvoir; à déguster comme une délicieuse limonade estivale.

La Plage (2000)

De Danny Boyle, avec Leonardi Di Caprio, Guilaume Canet et Virginie Ledoyen

Le jeune américan Richard part en thailande mais ne trouve pas son bonheur dans les circuits touristiques classiques. Un homme fou, Daffy, lui conte alors l’existence d’une île secrète où réside un village paradisiaque. Richard tente d’emmener avec lui un couple de jeunes français à la recherche de l’île et de sensations fortes.

Génial selon les uns, sans plus selon les autres. C’est LE film qui parle à cette génération, et si on se laisse aller, un charme certain opère, une fougue jeune et emballante transcende l’ensemble et nous traverse ; son énergie est réelle et communicative. Ce film est un rêve éveillé ; il percute ou ravive ce qu’on a tous voulu croire ou faire un jour.

La réalisation est impeccable, si bien qu’on l’oublie au profit de l’image (elle aussi sublime) et d’un scénario qui devient vite barré (mais intelligent). L’état d’esprit est comme ses héros : jeune, un peu foufou et plein d’énergie. Mais attention aux apparences, La Plage ne manque pas de maturité pour autant. Le choix de la bande originale souligne cet état d’esprit un peu cool, un peu planant, à la recherche du bonheur.

Le film réserve un nombre assez énorme de surprises, ne laissant pas de place au train-train ni à l’ennui. Et si les acteurs français s’en tirent bien, c’est Leonardo di Caprio qui est le roi ici, transfiguré, depuis Titanic, par un rôle en béton, entre le jeu d’acteur et la folie.

C’est aussi ça qu’on aime, les films qui prennent des risques tout en cultivant une esthétique et des idéaux…

Rise & Krill

Sweet Sixteen (2002)

De Ken Loach, avec Martin Compston

Dans une banlieue pauvre du nord de l’angleterre, Liam attend la sortie de prison de sa mère. Il rêve de reconstruire une famille, et pour cela cherche de l’argent pour changer d’appartement et de vie. Il commence alors à dealer dans le quartier avec son meilleur ami, mais c’est aussi le début des réels problèmes pour lui.

Sweet Sixteen est un film puissant qui montre le désoeuvrement et les ravages du chômage dans certains quartiers. Liam, est « au fond du trou », et n’à que des moyens illégaux pour tenter de remonter la pente. Et dans le même temps, il essaye de reconstruire sa famille. L’alchimie des deux mène aux problèmes. L’acteur principal est fantastique, à peine 16 ans et il incarne le film à lui tout seul. Les autres ne sont pas en reste non plus.

Ken Loach arrive à nous accrocher sur un sujet difficile, tout en égrainant quelques passages humoristiques. Sans jamais chercher à propagander ni à écrire la morale de l’histoire, Ken Loach filme la vie du jeune Liam. Et ça c’est un bon point